Travail, responsabilité, autorité. Suivant ce tryptique, le presque-candidat Nicolas Sarkozy annonce une campagne très à droite dans un entretien au Figaro magazine. Avantages et inconvénients de cette énième stratégie. Sur des centaines de kiosques, à l'entrée de milliers de bureaux de presse, s'étale depuis plusieurs jours le même titre: "Mes valeurs pour la France." En arrière-plan, la photo de Nicolas Sarkozy, droit dans son costume, le sourire discret, la main gauche ouverte, paume tournée vers le ciel.
Voilà l'image de l'imminent candidat et, avec lui, l'annonce de sa stratégie d'entrée en campagne: porter les valeurs traditionnelles de la droite. Après la représidentialisation, la rupture de la rupture, le président protecteur, Nicolas Sarkozy abat une nouvelle carte. Il n'a pas le choix: l'amplification de la crise économique et la perte du triple A ont mis un terme à ses précédentes stratégies.
Le chef de l'Etat remonte donc le temps. Jusqu'en 2007, où il retrouve trois valeurs: "travail, autorité et responsabilité." Dans l'entretien au Figaro magazine à paraître ce samedi, il revendique pleinement ce tryptique: "Ce sont les valeurs qui permettent de construire un projet personnel et collectif. Ce sont celles que j'ai toujours défendues." Ainsi, en février 2007, en meeting à Perpignan, le candidat s'était longuement attardé sur la notion d'autorité, déclarant: "L'autorité (est) presque un gros mot pour les tenants de la pensée unique (...) Le principe d'autorité est le principe même de la civilisation."
Accentuer le clivage droite-gauche
"Autorité" et "civilisation" dans la même phrase. 2007-2012, même combat. Et même droite. Décomplexée, offensive. Nicolas Sarkozy est déterminé à "politiser" à l'extrême cette campagne, en accentuant le clivage droite-gauche. Dans Le Figaro magazine, il se saisit donc de quelques propositions de François Hollande pour affirmer l'exact contraire.
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